herons

herons
Le Héron
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
Le Héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;
Ma commère la carpe y faisait mille tours
Avec le brochet son compère.
Le Héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord, l'oiseau n'avait qu'à prendre ;
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit.
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments l'appétit vint : l'oiseau
S'approchant du bord vit sur l'eau
Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le rat du bon Horace.
Moi des Tanches ? dit-il, moi Héron que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?
La Tanche rebutée il trouva du goujon.
Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un Héron !
J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise !
Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit, il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants ce sont les plus habiles :
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner ;
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris ; ce n'est pas aux Hérons
Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ;
Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.

# Posté le vendredi 06 juillet 2007 03:51

la bicyclette

la bicyclette

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A bicyclette
Nous étions quelques bons copains
Y avait Fernand y avait Firmin
Y avait Francis et Sébastien
Et puis Paulette

On était tous amoureux d'elle
On se sentait pousser des ailes
A bicyclette
Sur les petits chemins de terre
On a souvent vécu l'enfer
Pour ne pas mettre pied à terre
Devant Paulette

Faut dire qu'elle y mettait du c½ur
C'était la fille du facteur
A bicyclette
Et depuis qu'elle avait huit ans
Elle avait fait en le suivant
Tous les chemins environnants
A bicyclette

Quand on approchait la rivière
On déposait dans les fougères
Nos bicyclettes
Puis on se roulait dans les champs
Faisant naître un bouquet changeant
De sauterelles, de papillons
Et de rainettes

Quand le soleil à l'horizon
Profilait sur tous les buissons
Nos silhouettes
On revenait fourbus contents
Le c½ur un peu vague pourtant
De n'être pas seul un instant
Avec Paulette

Prendre furtivement sa main
Oublier un peu les copains
La bicyclette
On se disait c'est pour demain
J'oserai, j'oserai demain
Quand on ira sur les chemins
A bicyclette

# Posté le mardi 26 juin 2007 08:07

L'art et la manière

L'art et la manière
Dire tout haut c'que tout l'monde pense tout bas
Je sais pas ce que j'préfère,
Même si le ridicule ne tue pas
Parfois vaut mieux se taire.

Faut le savoir-faire
L'art et la manière
Faut le savoir-faire
L'art et la manière.

Qu'l'attitude soit pas une fin en soi
Pour sortir de l'ordinaire,
Un zeste de savoir-vivre parfois
Ne coûterait pas plus cher.

Faut l'savoir-faire
L'art et la manière
Faut l'savoir-faire
L'art et la manière.

Question de tact
Et de respect
Pour le contact
Et le doigté.

Un paradis
Sur du velours
A la Dandy
A la Gainsbourg.

Question de classe
Et d'qualité
Pour les audaces
Et l'farniente.

Garder le sourire
L'air détaché
Quoi qu'on puisse dire
Et provoquer.

Faut l'savoir-faire
L'art et la manière

# Posté le vendredi 22 juin 2007 05:52

le petit train

le petit train
Le petit train
S'en va dans la campagne
Va et vient
Poursuit son chemin
Serpentin
De bois et de feraille
Rouille et vert de gris
Sous la pluie

Il est beau
Quand le soleil l'enflamme
Au couchant
à travers champs

Les chapeaux
Des paysannes
Ondulent sous le vent
Elles rient
Parfois jusqu'aux larmes
En rêvant à leurs amants

L'avoine est déjà germée
As-tu rentré le blé?
Cette année les vaches ont fait
Des hectolitres de lait

Petit train
Où t'en vas-tu?
Train de la mort
Mais que fais-tu?
Le referas-tu encore?

Personne ne sait ce qui s'y fait
Personne ne croit
Il faut qu'il voie
Mais moi je suis quand même là

Le petit train
Dans la campagne
Et les enfants?
Les petit train
Dans la montagne
Les grands-parents
Petit train
Conduis-les aux flammes
à travers champs



Reverra-t-on
Une autre fois
Passer des trains
Comme autre fois?
C'est pas moi qui répondra

Personne ne sait
Ce qui s'y fait
Personne en croit
Il faut qu'il voit
Mais moi je suis quand même là

Petit train
Où t'en vas-tu?
Train de la mort
Mais que fais-tu?
Le referas-tu encore?

# Posté le vendredi 15 juin 2007 14:45

ma vie est une larme

ma vie est une larme
Mon âme se met à genou
Quand les anges s'envolent et ne veillent plus sur nous
Aux armes je crois bien devenir fou
Mais j'irai venger l'amour
Pour qu'il soit là au rendez-vous.


Ma vie est une larme qui ne cesse de tomber
Ma vie est une femme en pleurs loin d'être aimée
Ma vie est une flamme qui ne cesse de brûler
Limite au bord des larmes, un coeur de glace brisé.

J'ai peur de mon futur, je l'avoue,
Une illusion, un leurre comme si je dormais debout
L'horreur c'est que l'amour te prend tout
Mais tout ce qui ne te tue pas te rend fort et fou.


Et mon charme est une arme qui séduit sans tuer

Et je prendrai pour vous mes jambes à mon cou
Et je prierai pour nous ma vie c'est vous, c'est nous
Et je prendrai pour nous mes jambes à mon cou
Et je chanterai pour vous l'amour jusqu'à vous rendre fou.


Et mon charme est une arme qui séduit sans tuer


Je prendrai mes jambes à mon cou
Et je vous chanterai l'amour jusqu'au bout
Je prendrai mes jambes à mon cou
Et je crierai mon amour, mes ennuis.

# Posté le lundi 11 juin 2007 08:36